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FEVRIER 2009
LE BRINDESTOC « ARME SECRETE » DU XIVe siècle
Dès le Moyen Age, les chemins peu sûrs, les forêts profondes, la lenteur des communications, une police souvent inefficace sinon inexistante incitent les voyageurs et les citadins à s’armer pour leur défense contre les « coupe-jarrets » et autres brigands. Pour échapper à tout ordonnance d’interdiction ou de restriction de porter des armes, l’imagination des fourbisseurs a donné naissance à de nombreuses armes dont la forme ou la dimension prédisposait à leur dissimulation. Des soldats déguisés en paysans utilisèrent aussi ce type d’arme pour leur mission de reconnaissance ou de coups de mains.
En témoignent : arbalètes de poche, poignard-crucifix, et nombre de cannes et bâtons fourrés parmi lesquels se retrouve notre « brindestoc ». Ainsi, une déclaration de 1728 rappelle les anciennes prescription frappant : « les épées fourrées ou bâtons….les cannes ou bâtons creux… »
Le terme de brindestoc, que l’on trouve également écrit « brin d’estoc », « brindestocque », « brandestoc », ou en italien brandistocco » se décompose en deux parties désignant parfaitement l’arme : « brin » pour bâton , et « estoc » pour la lame principale.
Le brindestoc se présente sous la forme d’un fort bâton, d’une grosse canne de promenade ou d’un « bourdon » de pèlerin. L’ouverture du corps creux métallique à section ovale du bâton s’élargit en formant un cône qui porte un crochet de ceinture. Ce même crochet par basculement sert de blocage aux lames en position d’attaque. Cette sorte de fourreau contient un long estoc central losangique (80 cm) accostée de deux « barbillons » (22 cm). Chacune de ces lames latérales sont gravées de l’inscription : « Al segano del gat » sur des faces et d’une frise de monstres, astres et volutes dans l’esprit du maniérisme italien sur l’autre. Ces barbillons étaient destinés à arrêter les coups de taille lors des combats.

Le brindestoc s’armait en faisant jaillir les lames du fourreau par la force centrifuge en imprimant au bâton un vigoureux geste semi-circulaire. Elles se trouvaient alors verrouillée à l’extérieur de la canne par l’action de la main sur le levier du crochet de fourreau dont l’extrémité venait se loger dans un évidement pratiqué à la base de la lame principale.
Même les rois eurent ce type d’arme. Dans l’inventaire testamentaire de Charles V le Sage en 1380 il est mentionné : ug grant bourdon paint à ondes, ferré au bout par dessoubz, et au dessus de veluidi, et a dedens une broche de fer.
De même figure celui de Charles IX dans les comptes de son argenterie pour l’année 1570. En mai de cette même année, son « sommelier d’armes » Guillon, fut payé « pour avoir desmonté et remonté une épée qui se lance, dans un fourreau de fer en façon de baguette, avec deux petits barbillons, qui de dans led fourreau et avoir couvert icelle épée de cuir jaulne et aussy avoir mis du velours cramoisy à la poignée…….. »
Ce type d’arme existait encore au début du XXe sous la dénomination de « canne à dard » de laquelle on faisait sortir du pommeau un dard de 15 à 20 cm par la force centrifuge.
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