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MARS 2009
PISTOLET DE BORD D'OFFICIER DE MARINE VERS 1780
Nous avons eu en main quelques pistolets de type réglementaire, d’un modèle inhabituel et non référencé. Il est impossible à ce jour de trouver trace de commande ou de document qui permettraient d’avoir des certitudes sur leur origine et leur destination...
Revue de détail :
Canon (19 cm) : la partie fixe (6 cm) est à courts pans au tonnerre puis s’arrondit. Vient ensuite un registre qui se dévisse (13 cm), rond à la base, suivi d’une bague à huit pans et se terminant cylindrique (10 cm). Sur l’un des exemplaires examinés le numéro 27 figure tant sur la partie fixe que sur la partie dévissable. Sur les autres canons se discernent des traces d’autres numéros. Le canon est fixé par deux vis, l’une à la culasse, et l’autre partant du pontet et se vissant dessous.
Platine (11 cm) : L’une, d’inspiration 1771, avec bassinet fer à garde feu et retroussis au pied de la batterie. Une autre proche du système 1777 avec bassinet laiton et batterie avec pied sans retroussis qui porte l’inscription gravée « Machat à Tulle ».
Garnitures : les garnitures sont en laiton pour certains et en laiton riche en cuivre pour d’autres. Elles s’inspirent du pistolet 1763 avec pontet de forme demi-charolaise mais terminé vers l’avant par une rosette fraisée qui reçoit la tête de la vis de maintien du canon. Une capuche vient renforcer l’extrémité du fût fixée par une vis interne. La sous-garde en fer forme écusson. Ces pistolets ne possèdent pas de bride de poignée ni de crochets de ceinture.
Monture : en noyer, elle dégage l’extrémité du canon, et la crosse est plus pentue qu’au 1763.
La manufacture de Tulle livrera en 1779 le premier pistolet réglementaire à la marine. Les officiers quant à eux s’armaient chez les arquebusiers civils de leur choix. Leur goût s’orientait vers de petits pistolets de type 1779 caractéristiques avec leur embouchoir à bride, la crosse terminée par la représentation d’une tête d’animal, ou en bec de corbin, et souvent munis de crochets de ceinture.
Ces pistolets portent l’indication de Tulle . Or à la fin de l’Ancien Régime, Tulle est la ville de prédilection des fabrications destinées à la marine. Sur l’un figure le marquage de Machat qui exerçait à Tulle vers 1780, ce qui nous permet de fixer la fabrication de ce type d’armes à la fin du XVIIIe.
Sur les vaisseaux de haut-bord du XVIIIe, dans la rage de l’abordage et la fureur des combats, où les percussions des pistolets se mêlent aux explosions des grenades, aux chocs des sabres et des haches ; les baguettes des pistolets se perdent facilement… .
Les arquebusiers concepteurs de ces armes ont ainsi solutionné le problème posé par la perte de la baguette. Il n’y a pas de crochet de ceinture dont l’extrémité gênerait considérablement le démontage et montage du canon. A cette période et jusque sous le Ier Empire des ceinturons avec gousset porte-pistolets existaient pour les officiers qui s’équipaient et s’armaient à leurs frais et selon leurs désirs..
Restons vigilants, une prestigieuse arme non référencée peut encore se dissimuler dans une vieille malle au fond d’un grenier !
A partir de 1790 bassinet laiton
Platine de type 1770 avec bassinet fer
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