02/09/2010
Bulletin du collectionneur de septembre et des nouveautés en vente

Bulletin de septembre 2010 : "Vrai ou Faux ?".
Nouveautés en vente : un dolman des guides de la garde, une épée à une main et demie, une arquebuse militaire à mèche, une épée à branche par Angustinus KOLTER, deux moukalas, une épée d'officier bavarois, un sabre de cavalerie troupe 1822, une épée d'officier de marine 1837, plusieurs revolvers à percussion centrale

AVRIL 2009
 

Un chef d’œuvre de BOUTET :
LA CARABINE DE JEROME BONAPARTE , ROI DE WESTPHALIE


 
 
 
Cette carabine a été présentée au Stadt Museumde Kassel lors de l’exposition « König Jèrôme von Westphalen » (du 29 05 02 au 29 11 02 ) provenant des collections de la famille royale du Hanovre.
Elle était ainsi décrite : "carabine de Jérôme Bonaparte (1784-1860) Roi de Westphalie (1807-1813). Cadeau de son frère l’Empereur Napoléon Ier lors de son accession au trône à Kassel (1807)."
Avec nous, trois experts internationaux spécialistes du musée de Braunschwerig, Messieurs Glage (historien en armes et restaurateur), Wilde (expert en restauration du métal, or et argent), Vollmer (diplômé d’état en expertise, spécialité : les platines) vous font découvrir les méthodes de travail des arquebusiers du début XIXe et plus particulièrement du prestigieux artiste Nicolas Noël Boutet.
 
Afin d’obtenir des résultats précis et irréfutables, des examens ont été effectués scientifiquement et notamment par binoculaire (grossissement 3-40) sur toutes les parties de l’arme démontée.
 
Les armes à feu produites par le maître et richement décorées exigeaient des techniques d’ornementation qui n’étaient pas à la portée d’un simple arquebusier. Toutes les parties métalliques apparaissent forgées, les dorures au feu nous permettent d’observer les anciennes méthodes de travail et le style incomparable de Boutet qui se distingue dans les moindres détails.
 
Sur le tonnerre du canon rayé, façonné à pans se dessinent signatures, poinçons et décors floraux ciselés avec dorure au feu du type ancien « dorure de Paris ». Sur les pans du canon et jusqu’à la bouche courent enrichies d’or, guirlandes, volutes et rosaces. Ici, les dorures authentiques du début du XIXe s’identifient au fait que les amalgames d’or sont appliqués lors du travail sur les bords des ornements que les yeux seuls arriveraient à reconnaître difficilement.
 
 
Les anciennes dorures au feu étaient réparties de façon égale avec « une patte de lièvre » ou une brosse. Une autre méthode de dorure consistait à travailler le métal avec un burin pour graver dans l’acier et ensuite à remplir les incisions avec de l’or. Ces gravures s’exécutaient en queue d’aronde et l’on employait davantage de métal précieux que l’entaille de façon à pouvoir le sculpter ou le ciseler.
 
Sur les armes de luxe, l’arquebusier de l’Empereur utilisait les deux méthodes associées, les répartissant de façon égale comme sur le tonnerre, ou le travail en demi-rondebosse sur les pans du canon et la platine.
 

 
Sur les carabines de luxe de Boutet on comptait trente trois rayures disposées comme les dents d’une scie circulaire. Le canon, revêt la signature de Boutet Directeur Artiste et l’inscription Manufre (manufacture) de Versailles qui est celle de l’arquebusier vers 1806/1807 Graphisme analysé). On relève aussi le poinçon du canonnier Jean Leclerc.


 
Le maître a signé la platine Boutet au dessous du ressort de batterie et marqué "à Versailles" en dessous. L’ancien travail de forge apporte clairement la preuve que platine et bassinet sont forgés d’une seule pièce, ce qui est à l’époque une technique propre au seul Nicolas Noël. L’intérieur du bassinet doré révèle de l’or ancien avec usure et patine de la dorure.
 
Le chien forgé à la main est de même facture et monté de même façon que les pistolets de Boutet du Victoria and Albert Museum de Londres (n° M 38-39). De plus, sur le chien de forme élégante, nous pouvons remarquer, derrière les mâchoires du chien, l’ardillon typique de l’arquebusier de l’Empereur. Griffon, oiseau au buste féminin s’inscrivent en demi-ronde bosse or sur la platine ciselée à la main.
     
 

 
La ronce de noyer, qui constitue la crosse, est caractéristique des armes de luxe de Boutet. Les prises de main soulignées de filets d’argent accueillent un très élégant quadrillage. Ici, le pontet se prolonge par une délicate feuille d’acanthe enroulée et sculptée dans la masse comme traditionnellement par Boutet.
 
 
Les passants de bretelle constituent un ancien travail de forge avec des restes de bleui et des traces de corrosion sur la partie inférieure de la charnière.



La baguette et son embout en argent, d’une remarquable venue, correspondent à une fabrication des années 1800/1810. Cette baguette est en harmonie avec la carabine.
 
 
Le monogramme « JN » en argent ancien, patiné, découpé et gravé à la main, est parfaitement ajusté au bois. De très élégantes ornementations d’argent admirablement incrustées dessinent des frises de palmes, des rosaces et des ailes de papillons.
 
Nicolas Noël Boutet (1761-1833), le plus célèbre arquebusier français de la Révolution et de l’Empire est le « Directeur Artiste » de la Manufacture de Versailles. Fournisseur des gouvernements successifs de la Révolution à la Restauration, ses armes de luxe ont été offertes en récompense ou en présent à de nombreux dignitaires et souverains de l’Europe et du Proche-Orient.
Jean Leclerc est arquebusier et canonnier de l’Empereur à Paris de 1807 à 1810 et resta le principal fournisseur des canons montés par le directeur artiste.  
 
Pour la réalisation de ces somptueuses armes, le maître réuni à Versailles des spécialistes de
chaque corps de métier. Il sait marier harmonieusement tous les matériaux nobles : argent, ébène, or, ivoire. Le Directeur Artiste s’inspire de l’antiquité, il met en scène la mythologie et, dans la perfection, associe à la symétrie les lauriers de l’abondance et les fruits de la victoire promis par Napoléon.
 
Jérôme Bonaparte (1784-1860) est le plus jeune des frères de Napoléon et son préféré. Après la rupture de son mariage avec Elisabeth Paterson imposée par son frère, il prend le titre de prince français. En 1806/1807, il commande un corps d’auxiliaires allemands en Prusse et en Pologne. Le 7 juillet 1807, le royaume de Westphalie lui est attribué par son frère en vertu du traité de Tilsit, et Jérôme épouse Catherine de Wurtenberg. Le roi est à la tête d’un corps d’armée pour la campagne de Russie en 1812. Après les revers de Napoléon, Jérôme perd son royaume en 1813. Lors de la bataille du Mont Saint-Jean en 1815, il reçoit une blessure pendant l’assaut du château de Hougaumont à la tête de la 6ème division. Jérôme a la joie d’être nommé Maréchal de France par Napoléon III en 1850.

 
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