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JUILLET 2009
LE SABRE DES MAMELUCKS DE LA GARDE IMPERIALE
Austerlitz, 2 décembre 1805, 12h30 :
Alors que la division Vendamme manœuvre pour atteindre le chemin de Pratzen, l’infanterie du Grand Duc Constentin soutenue par les pièces d’artillerie légère et la cavalerie de la Garde russe sous les ordres du général Kollogriboff l’attaque avec violence.
Les français sont culbutés et dispersés sans avoir pu former le carré et l’Aigle du premier bataillon du 4e de ligne est perdue.
Bessières chevauchant en avant des chasseurs à cheval de la Garde remarque un début de panique se dessiner. Il ordonne alors la charge la soutenant à la tête des grenadiers à cheval.
Le colonel Morland enlève son cheval, et à l’avant des deux escadrons de chasseurs dont les fers des chevaux battent le sol gelé, dans un galop d’enfer, se jette sur l’ennemi. Appuyé par Bessières, qui conduit les « gros talons », il repousse l’infanterie de la Garde et les cuirassiers russes.
Dans un tourbillon de chevaux et de cliquetis de sabres, les escadrons français sont alors ramenés par les Chevaliers-Gardes. Rapp, superbe, debout sur ses étriers, devançant les mamelucks s’enfonce dans la tourmente et met en fuite les élégants cavaliers russes.
Ecrit de Rapp :
« Je partis au galop, la cavalerie ennemie sabrait nos soldats. Un peu plus en arrière, nous discernions des masses à pied et à cheval qui formaient réserve. L’ennemi lâcha prise et courut à ma rencontre ; quatre pièces d’artillerie arrivèrent au galop et se mirent en batterie. Je m’avançais en bon ordre ; j’avais à ma gauche le brave général Morland, et le général Dhalman à ma droite. Nous nous précipitâmes sur l’artillerie qui fût enlevée. La cavalerie nous attendit de pied ferme et fut culbutée du même choc ; elle s’en fut en désordre. Un escadron de Grenadiers à cheval vint et fut à même de recevoir les réserves qui arrivaient au secours de la Garde russe. Le choc fut terrible. L’infanterie n’osait hasarder son feu ; tout était pêle-mêle ; nous combattions corps à corps.
Enfin, l’intrépidité de nos troupes triompha de tous les obstacles. Les Russes fuient et se débandent ; les canons, les bagages, le prince Repnin étaient dans nos mains. J’allais rendre compte de l’affaire à l’Empereur. Mon sabre à moitié cassé, ma blessure, le sang dont j’étais couvert, un avantage remporté avec aussi peu de monde sur l’élite des troupes ennemies, lui inspirèrent l’idée du tableau qui fut exécuté par Girard. »
A la bataille d’Austerlitz, le général Rapp conduit la charge mémorable des chasseurs à cheval mais aussi des mamelucks. Vers une heure et demie, la victoire est acquise, le soleil d’Austerlitz ne s’éteindra plus !
Les mamelucks
Ils étaient issus des corps d’irréguliers organisés par Bonaparte en Egypte. Un certain nombre d’entre eux se joignirent à l’armée d’Orient rapatriée après la paix d'Amiens. Le chef de brigade Rapp fut chargé de constituer un escadron à deux compagnies qui sera rattaché aux chasseurs à cheval de la Garde.
L’escadron des mamelucks fut créé par arrêté de vendémiaire an X. L’effectif prévu était de 250 hommes. Pour les cavaliers, l’armement ou pourrait-on dire l’arsenal, était constitué par : un tromblon ou une carabine, deux paires de pistolets dont une de ceinture, un sabre à l’orientale, un poignard, une masse d’arme et une hache. Si ce n’est pour parader au cours de revues, le mameluck n’emportait jamais la totalité de ses armes au combat.
Le sabre 1802/1815 :

La monture à « l’orientale » en laiton à simple croisière droite dont les branches galbés qui se terminent par deux boutons prennent naissance sur deux importants oreillons en forme de losange. Une fine moulure sépare les boutons des branches.

La calotte en crosse se prolonge par une courte jupe découpée en accolades et maintenue par un petit clou, elle porte le poinçon « V » (vérifié) frappé essentiellement sur les armes de la garde. Un perçage est souvent pratiqué sur la calotte pour le passage du cordon. La fusée de bois, taillée en fines cannelures, est recouverte de basane noire.
La lame, plate est à très forte courbure. Elle porte sur le dos l’inscription : M.fture De Klingenthal Coulaux frères Entrep.rs. Au talon figurent les poinçons de Mouton et de Levavasseur.
Le fourreau de cuir noir épais comporte quatre garnitures laiton. La chape découpée en arrondi est largement ouverte dans sa partie postérieure pour laisser entrer ou sortir la lame très recourbée. Deux bracelets de bélière ornées de bossettes moulurées portent pitons et anneaux.
La longue bouterolle se termine par un dard en acier arrondi aux branches inégales. Deux attelles de laiton joignent les garnitures.

La forte courbure de la lame s’explique par l’escrime à l’orientale pratiquée à cheval ; En effet, le sabre s’utilise en coupant. Son cheval lancé au galop, le mameluck laisse échapper la pointe et fait glisser la courbure en usant de la puissance de son bras afin de provoquer de profondes entailles.
Ce type de sabre était généralement porté par des cordons de passementerie selon la coutume orientale.
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