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JUIN 2009
FORTE EPEE D'OFFICIER DE DRAGON VERS 1760
Lors de le guerre de « Sept Ans » (1756-1763), l’armement, l’équipement et l’habillement étaient régis par le règlement du ministre de Louis XV, Monsieur d’Argenson du Ier mai 1750 : «les habits uniformes des officiers seront en tout semblables à ceux des dragons, à l’exception qu’ils seront en drap d’Elbeuf , ou autre manufacture de pareille qualité……Ils auront tous des épées uniformes, dont la garde sera de cuivre doré, la lame à dos, 31 pouces (84 cm) de longueur, et pareilles à celles des officiers de cavalerie. Seront les dits officiers armés d’un fusil avec sa baïonnette, et auront une gibecière garnie de six cartouches suivant les modèles qui seront envoyés à chaque régiment…. »

LA FORTE EPEE
La monture en laiton riche en cuivre développe quatre branches. Au pied de la principale s’ouvre un embryon de palmette pleine sur un double pontat bordé de filets avec cordon « brise-lame ». Deux des branches secondaires se terminent en volutes. Un court quillon prolonge l’arête médiane du plateau. La branche principale se crochète à un lourd pommeau sphérique à pans. La fusée est filigranée de fil laiton à double torsade en épi.
La lame (88 cm) à dos plat et à très légère flèche comporte un pan creux et une gouttière qui court le long du dos sur chaque face.

D’un côté, on relève l’inscription VIVE LE ROY suivie d’un médaillon fleuronné.

De l’autre côté, figurent les Armes de France sous couronne que surmontent deux timbales de cavalerie.
Au dos, la longue flèche gravée indique la provenance de la manufacture de Solingen.
Le fourreau de cuir noirci est renforcé par trois garnitures en fer découpé et gravé. La chape s’orne d’un trophée d’armes sur une face et d’un trophée d’artillerie surmonté du Lys sur l’autre.
 
La deuxième garniture s’enrichit d’un trophée d’armes chargé d’un médaillon timbré du Lys côté garde ; un soleil anthropomorphe broche un trophée côté contre-garde.

Sur la bouterolle, gravure d’un Lys sous couronne surmontée de deux guidons sur les deux faces. Les anneaux de bélières montés sur pitons sont déportés vers l’extérieur.
Plusieurs éléments nous permettent d’analyser la typologie de cette forte épée du type 1750 sur laquelle s’ajoutent ou se mêlent plusieurs nouveautés. La coquille est originaire d’Europe du Nord en usage depuis le dernier quart du XVIIe. Vers 1740, les carabiniers de l’armée royale, pour se singulariser adoptent cette mode ; c’est pour la forte épée 1750 une fantaisie d’officier de dragon. Après 1760 apparaît le système de suspension à bélières pour les sabres de cavalerie et dragons dont le fourreau auparavant était muni d’un bouton. Il semble que l’origine de ce fourreau garni en fer se trouve dans le sabre des dragons d’Aubigné qui sont munis? vers 1745, d’un sabre à monture et garnitures du fourreau fer sur le modèle des cuirassiers impériaux qu’ils avaient fait prisonniers en 1706 en Italie.
Pureté de ligne, force de « l’outil » font de cette forte épée d’officier un exceptionnel témoin de l’histoire.
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