02/09/2010
Bulletin du collectionneur de septembre et des nouveautés en vente

Bulletin de septembre 2010 : "Vrai ou Faux ?".
Nouveautés en vente : un dolman des guides de la garde, une épée à une main et demie, une arquebuse militaire à mèche, une épée à branche par Angustinus KOLTER, deux moukalas, une épée d'officier bavarois, un sabre de cavalerie troupe 1822, une épée d'officier de marine 1837, plusieurs revolvers à percussion centrale

 

Septembre 2009
"Un casque d'officier de dragon 1794 – 1801"

 

 

Les dragons

Le maréchal de Bellisle, qui a été mestre de camp général des dragons et ministre de la guerre décrit les origines de cette arme dans un mémoire vers 1740
«C‘est Gustave-Adolphe (Roi de Suède) qui le premier a fait usage à cheval d’un nombre de soldats volontaires ou choisis par distinction dans toute l’infanterie, pour se porter diligemment avec ce corps aux lieux qu’il voudrait surprendre………ils furent nommés dragons»
Au royaume de France, Louis XIV a fixé le service des dragons. Par l’édit du 2 avril 1668 le roi créé la charge de colonel général des dragons et par celui du 17 mai 1669 organise ce corps. Cet acte royal commençait par ces mots :
« Considérant que nous avons sur pied deux régiments de mousquetaires à cheval, dits dragons… »

Le casque dit « à la Schomberg » fut donné au dragons en 1763. Les dragons réputés à cette époque « enfants terribles », prétendirent se présenter partout casque en tête, même à l’église. Il fallut alors, pour faire cesser ces abus une décision donnée à Versailles le 11 mars 1765 signée du duc de Choiseul alors ministre de la guerre de Louis XV :
« Sa Majesté, considérant que lorsque les dragons ne sont pas de service à l’église, ils doivent être considérés comme particuliers, et par conséquent remplir les devoirs que la décence et l’édification exigent. Elle veut, en conséquence, que les dragons soient tenus de lever leurs casques et d’avoir la tête nue à l’église avec le reste des fidèles. Vous aurez agréable d’y tenir la main. »

L’ordonnance de 1779 donna aux dragons : le casque en cuivre jaune, avec cimier et rosette de même métal, est garni d’une crinière noire. La fourrure du casque était en peau de chien marin, ou de peau de « tigre » pour les officiers…
 
Le règlement du 1er janvier 1790 placait les dragons dans les troupes à cheval, à leur rang d’ancienneté, immédiatement après la cavalerie proprement dite.

 

Le casque dit à cimier 



La bombe en laiton doré supporte le cimier fixé par de petits boulons à écrous carrés. Les ailerons sont estampés d’une série d’arcatures qui vont en décroissant vers l’arrière. Le masque qui dépasse légèrement la crête du cimier s’enrichit de la représentation d’une tête de Méduse et d’une palmette.
 


Entre les ailerons et à leur sommet, une plaque de fer est fixée afin d’assurer un minimum d’étanchéité au casque.
Le turban, constitué de fort cuir, découpé en pointe sur le devant, est recouvert d’un bandeau en imitation de peau de panthère qui décore aussi la visière. Il comporte à l’arrière une bouclette de fixation de la crinière.



Deux rosaces en laiton doré à huit palmettes estampée et découpée, soutiennent les jugulaires. Montées sur maroquin vert elles sont protégées par un décor à écailles à filets en laiton doré, dit en queue d’écrevisse, et s’attachent par deux cordelettes à glands. 
La crinière de crin noir est frisée d’après l’instruction de 1786 du colonel des dragons d’Autichamp. Les dragons de la révolution perdront vite cette tradition en campagne. Les crins sont liés en houppette sur le devant.

Ce casque n’est pas muni de tube porte-plumet, mais seule une ouverture pratiquée du côté gauche permettrait l’adjonction de la tige d’un plumet ou d’un pompon.



La visière a été adoptée définitivement après la campagne d’Egypte au cours de laquelle elle s’était révélée nécessaire. Les jugulaires à écailles sont apparues sous le Consulat et se sont généralisées sous l’Empire. Cimier et crinière protégeront efficacement la tête des dragons contre les coups de sabres au cours des rencontres de cavalerie.

Cette coiffure est le témoin de l’évolution du casque de dragon à la charnière de l’ancienne monarchie et du Consulat. Sous l’Empire la bombe prendra la forme inspirée du casque grec dit « à la Minerve ».
 

 

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